Guide · En vigueur le 20 novembre 2026

DCC2 : le guide complet de la conformité au crédit à la consommation

Tout ce qu'un prêteur, un intermédiaire de crédit ou un acteur du paiement fractionné doit comprendre de la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, et de sa transposition française par l'Ordonnance 2025-880.

Par l'équipe HolofinDernière mise à jour : 3 juillet 2026

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L'essentiel en 30 secondes

Texte européen
Directive (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023, qui remplace la directive de 2008 (2008/48/CE).
Texte français
Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, qui réécrit notamment l'article L. 312-16 du Code de la consommation.
Entrée en vigueur
Le 20 novembre 2026 en France.
Qui est concerné
Prêteurs, établissements de crédit spécialisés, intermédiaires et courtiers, acteurs du paiement fractionné (BNPL), émetteurs de mini-crédits.
Obligation centrale
Évaluer la solvabilité de l'emprunteur sur des informations pertinentes et exactes, et conserver la piste d'audit de cette évaluation.

1. Qu'est-ce que la DCC2 ?

La DCC2, pour Consumer Credit Directive 2, est la directive européenne (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 relative aux contrats de crédit aux consommateurs. Elle abroge la directive de 2008 (2008/48/CE), devenue inadaptée à un marché du crédit transformé par le numérique, le paiement fractionné et les mini-crédits instantanés.

Son objectif est double : mieux protéger les emprunteurs face au surendettement, et harmoniser les règles entre les États membres. Elle renforce l'information précontractuelle, encadre la publicité, et surtout durcit l'obligation d'évaluation de la solvabilité avant l'octroi d'un crédit.

En France, la directive est transposée par l'Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, complétée par des textes d'application ultérieurs. L'ensemble entre en vigueur le 20 novembre 2026.

2. Le calendrier d'application

La date à retenir est le 20 novembre 2026 : c'est le moment où les nouvelles obligations deviennent opposables en France. Le chemin réglementaire jusque-là :

  1. 18/10/2023Adoption de la directive européenne (UE) 2023/2225 (DCC2).
  2. 03/09/2025Ordonnance n° 2025-880 transposant la directive en droit français.
  3. 02/12/2025Ordonnance n° 2025-1154 complétant la transposition.
  4. 19/02/2026Décret n° 2026-105 précisant les modalités d'application.
  5. 20/11/2026Entrée en vigueur des nouvelles obligations.

Pour le détail des échéances et de ce qu'il reste à préparer, voir Dates et échéances de la DCC2.

3. Qui et quoi est concerné

La DCC2 s'applique à l'ensemble de la chaîne de distribution du crédit à la consommation :

  • les prêteurs et établissements de crédit spécialisés ;
  • les intermédiaires de crédit et courtiers ;
  • les acteurs du paiement fractionné (BNPL) ;
  • les émetteurs de mini-crédits et crédits de faible montant.

L'évolution majeure de périmètre concerne le paiement fractionné et les petits crédits de courte durée, jusque-là largement en dehors du champ. Deux angles à approfondir : le BNPL face à la DCC2 et les obligations des courtiers et intermédiaires.

4. Ce qui change par rapport à 2008

SujetDirective 2008/48/CEDCC2 (2023/2225)
Paiement fractionnéLargement hors périmètreIntégré au crédit à la consommation
Petits créditsSouvent exemptésCouverts, même de faible montant
Évaluation de solvabilitéObligation généraleObligation renforcée et encadrée
Données utiliséesPeu préciséInformations pertinentes et exactes, piste d'audit conservée
Information et publicitéCadre de 2008Règles renforcées et harmonisées

En pratique : l'exigence de solvabilité de la DCC2 se joue sur la qualité et la traçabilité de la donnée d'entrée, pas sur le modèle de scoring.

5. L'évaluation de solvabilité

C'est le cœur de la DCC2. Avant de conclure un contrat de crédit, le prêteur doit évaluer la solvabilité de l'emprunteur sur la base d'informations suffisantes, pertinentes et exactes, et proportionnées à la nature du crédit. En France, l'article L. 312-16 du Code de la consommation, réécrit par l'Ordonnance 2025-880, en fixe le cadre.

Concrètement, l'évaluation s'appuie sur les revenus, les charges, les crédits en cours et, le cas échéant, la consultation de fichiers. Les relevés bancaires fournis par l'emprunteur sont l'une des sources les plus riches pour reconstituer revenus réguliers, charges fixes et reste à vivre.

L'article L. 312-16 prévoit notamment la consultation du FICP (Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers), tenu par la Banque de France. Pour les prêteurs déjà supervisés par l'ACPR, les travaux préparatoires retiennent une approche proportionnée : l'obligation formelle peut se limiter à la consultation du FICP, l'évaluation restant adaptée à la nature, la durée et le montant du crédit.

La directive n'impose pas une méthode de scoring unique : elle exige que l'évaluation soit sérieuse, documentée et conservée. La qualité et la traçabilité de la donnée qui alimente cette évaluation deviennent donc déterminantes.

6. La donnée bancaire et la piste d'audit

La DCC2 déplace l'exigence de la décision vers la preuve de la décision. En cas de contrôle, un prêteur doit pouvoir montrer sur quelles informations il s'est fondé, et que ces informations étaient exactes. Une évaluation juste mais indémontrable ne suffit plus.

Or la donnée bancaire arrive rarement sous forme idéale : scans de photos, PDF multi-comptes, historiques de plusieurs mois, documents parfois annotés. La convertir en données structurées, vérifiées et rattachées à leur source est un problème technique à part entière, distinct du scoring lui-même.

Convertir cette matière première en données structurées, vérifiées et rattachées à leur source est donc un chantier à part entière, à instruire au même titre que le scoring. Deux lectures utiles à ce stade : agrégation DSP2 ou extraction de relevé PDF et la solution Holofin pour l'analyse de solvabilité DCC2.

Questions fréquentes

La DCC2 (Consumer Credit Directive 2) est la directive européenne (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 sur les contrats de crédit aux consommateurs. Elle remplace la directive de 2008 (2008/48/CE). En France, elle est transposée par l'Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 et entre en vigueur le 20 novembre 2026.

La DCC2 élargit le périmètre au paiement fractionné (BNPL) et aux petits crédits jusque-là souvent exemptés, renforce l'obligation d'évaluation de la solvabilité de l'emprunteur, et impose de conserver la piste d'audit derrière chaque décision de crédit.

Oui. La DCC2 intègre le paiement fractionné dans le champ du crédit à la consommation. Les acteurs BNPL doivent notamment évaluer la solvabilité de l'emprunteur, y compris pour de faibles montants et de courtes durées.

L'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) supervise les prêteurs et intermédiaires de crédit, et la DGCCRF veille au respect des règles de protection des consommateurs. Les deux peuvent contrôler la conformité aux obligations issues de la DCC2.

La brique manquante

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Valeur extraite
+ 2 847,50 €
Virement SEPA · Employeur XYZ
confiance 0.99
Source
releve_bnp_mars.pdf · page 2 · bbox [412, 318, 568, 340]
Aperçu ancré
14/03 · VIR SEPA LOYER BUREAU−1 250,00
15/03 · VIR SEPA SALAIRE EMPLOYEUR XYZ+ 2 847,50bbox
18/03 · PRLV SEPA ASSURANCE−74,90

Aucune valeur inventée : si le chiffre n'existe pas dans le document, il n'existe pas dans la sortie. C'est la piste d'audit que la DCC2 réclame.

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